Famille de Saint Pern

Extrait

Chevaliers de Saint-Michel

Judes de Saint-Pern, seigneur de Ligouyer, de Champalaune, du Lattay et de la Loqueltaye, connétable de Rennes, fut nommé chevalier de l’ordre de Saint-Michel le 16 avril 1574 [(titres de cette maison). Il prenoit en conséquence dans les titres qu’il passoit les qualités de chevalier de l’ordre du roy et celle de noble et puissant, trois entr’autres des 10 juin 1577, 20 septembre 1588 et 20 may 1598 ; un autre encor du 19 mars 1583, lui donne celles de chevalier de l’ordre du roy et de haut et puissant (originaux, titres de cette maison).] Il mourut dans l’intervalle des années 1588 et 1598. [Il étoit fils de Simon de Saint-Pern, seigneur de Ligouyer, et de Champalaune, et de Jeanne Le Roy. Ses armes d’azur à dix billettes d’argent cléchées[1] et posées 4, 3, 2 et 1].

Judes de Saint-Pern, écuyer, qualifié noble et puissant seigneur dans tous les actes qui le concernent, naquit en 1520. Nous avons donné la lettre que le roi Charles IX lui écrivit pour lui annoncer son admission dans l’ordre (voyez la préface). En récompense de ses nombreux services, il fut nommé connétable de Rennes en 1575 (Ogée) et il occupa cette charge jusqu’à sa mort qui arriva le 17 mars 1595 (Jehan Pichart). Pendant les troubles qui agitèrent si longtemps le royaume, Judes de Saint-Pern soutint constamment le parti du roi. Ses biens furent saisis par le duc de Mercœur, chef de la Ligue en Bretagne. Plusieurs procès-verbaux et baux à ferme en font foi. Quelques-unes de ces pièces, en date des 20 octobre 1589, 5 juillet et 1 septembre 1593, 26 avril et 4 août 1594, énoncent en effet que les terres des Saint-Pern avaient été saisies, leurs maisons brûlées et saccagées, leurs meubles et papiers pillés et enlevés, parce qu’ils étaient du parti du roi contre la Ligue. Judes de Saint-Pern avait épousé 1 par contrat du 4 octobre 1543, passé à Bonne-Fontaine devant Sancet et Canus, notaires, Renée de la Marzelière, dame de la Loquetaye, fille juveigneure et puînée de deffunt noble et puissant Renaud de la Marzelière, sire de la Marzelière, du Fretay et du Plessis-Giffart, et de Gillette de Pontrouault, sa seconde femme. Renée de la Marzelière apporta comme dot et pour tout droit sur la succession de ses père et mère la terre et seigneurie de la Loquetaye, paroisse de Baden, évêché de Vannes ; 2 par contrat du 31 décembre 1561 Judes de Saint-Pern avait épousé Catherine de Chasteaubriant, veuve en premières noces de Jean de la Lande, seigneur de Myrouër, et en secondes noces de haut et puissant seigneur Jean de Coëtquen, sire du Bois de la Motte et de Trémereuc. Elle était fille de Jean de Chasteaubriant, sire de Beaufort et du Plessis-Bertrand, écuyer du roi et chevalier de son ordre, gouverneur du château de Houdan, et de Marguerite des Planches, dame de Tannay (Article communiqué par M. le baron René de Saint-Pern).

René de Saint-Pern, seigneur de Ligouyer, de Champalaune, de la Villernoult, de la Loqueltaye, de Galpic, etc., connétable de Rennes, est qualifié chevalier de l’ordre du roy dans un acte du 21 juin 1598 [(titres de cette maison), mourut avant l’an 1637. Il étoit fils de Judes de Saint-Pern, seigneur de Ligouyer, chevalier de l’ordre du roy, et de Renée de la Marzelière. Ses armes comme cy-devant].

René de Saint-Pern, chevalier, devint fils aîné par la mort de son frère Jacques, écuyer, seigneur de Champalaune et de la Loquctaye, tué en 1586 devant Saint-Marcellin en Dauphiné où il commandait un corps pour le service du roi, pendant les guerres de la Ligue. René de Saint-Pern succéda en 1595 à son père dans la charge de connétable de Rennes (Ogier). Il est qualifié chevalier de l'ordre du roi (par erreur on a écrit chevalier des ordres du roi) dans un acte du 20 mai 1598 par lequel il donna en partage à Jean de Saint-Pern, son frère puîné issu du second mariage de leur père, « la maison, métairies nobles, terres appartenances et deppendances, fiefs, jurisdictions, previllaiges, préminances d’église, foires, dismes et tous aultres debvoirs seigneuriaux du Lattay, boys de décoration, taillifz et de revenuz et toutz aultres revenuz de la maison et mettairies du Lattay, sittué en la parroisse de Guenro et Sainct-Maudan ; les maisons et mettairies nobles de Gallepic et Pradalun, avecq leurs terres, boays, landes, prés, prayeries, coulombiers, garaines et aultres appartenances et deppendances et générallement et entièrement tout ce que deppend desdictes terres sittuées en ladicte parroisse de Guenro, plus le moullin à eau estant sittué sur la rivière de Rance, parrouasse de Caune, appelle le Moullin du Boysjan » (original parchemin, archives du château de Couëllan, Côtes-du-Nord). Les mêmes archives possèdent l’acte du 21 juin 1598 cité par d’Hozier et dans lequel René de Saint-Pern est encore qualifié chevalier de l'ordre du roi. C’est un accord qu’il passa avec Jacques de Couespelle, écuyer, seigneur de Carheil, les Vaux, Plumoisan et de Rochefort, agissant au nom de Charlotte de Saint-Pern, sa femme, sœur aînée dudit René, et par lequel il donna à son beau-frère, comme partage de la succession de Judes, et de Renée de la Marzelière, le lieu noble du Domaine, en Montgermont, plus une rente de 33 écus, un tiers d’écu soleil.
René de Saint-Pern mourut avant 1637. Il avait épousé par contrat du 20 septembre 1588 passé par devant Gilles Thomas et Jean Le Cutellec, notaires royaux (original parchemin, archives de Couëllan), Gabrielle du Parc, dame du Parc, de Locmaria et de Guerneven, sœur de Claude du Parc, chevalier de l'ordre, et fille de feu haut et puissant messire François du Parc et de Claude de Boiséon, dame douairière de Locmaria et dame propriétaire du Guébaud, du Porzmeur, du Ponthou, etc. (Article communiqué par M. le baron René de Saint-Pern).</GC>

René de Saint-Pern, seigneur de Ligouyer, de Champalaune et de la Loqueltaye, fut honoré à ce qu’il paroit de l’ordre de Saint-Michel sous Louis XIII et on luy trouve la qualité de chevalier de l’ordre du roy dans un acte original du 21 décembre 1637 [(original, titres de messieurs de Saint-Pern)]. Il ne vivoit plus en 1660. [Il étoit fils de René de Saint-Pern, seigneur de Ligouyer, chevalier de l’ordre du roy, et de Gabrielle du Parc. Ses armes comme cy devant.]

René de Saint-Pern, seigneur de Longueville, de Guerneven, en Plusquellec, de la Villernoult en Guitté, hérita de trois de ses frères et sœurs, Jean, Claude et Anne de Saint-Pern, morts jeunes et sans postérité. L’acte du 21 décembre 1637 cité par d’Hozier, et dans lequel René de Saint-Pern est qualifié chevalier de l'ordre du roi est une transaction passée par lui à Rennes avec son beau-frère, messire Fernand Marie, chevalier de l’ordre du roi, garde naturel des trois enfants nés de son mariage avec feue dame Amaurye de Saint-Pern au sujet du partage des biens provenant de la succession de leur père, des frères et sœurs nommés plus haut, et de damoiselle Charlotte de Saint-Pern, dame de Carheil, leur tante. Par cette transaction ils reconnurent « lesdites successions nobles et avantageuses, que leurs prédécesseurs avoient partagé de tout temps immémorial noblement et adventageusement aux fins de l’assise du comte Geoffroy ». René de Saint-Pern épousa à Rennes par contrat du 13 janvier 1618, passé devant Gilles de Racinoux et Jean Gapais, notaires royaux (original papier, archives du château de la Bourgonnière, Maine-et-Loire), Mathurine de Saint-Gilles, dame de la Bonière, fille de messire Gilles de Saint-Gilles, chevalier, seigneur de Perronnay, la Durantaye, etc., gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, et de Louise Thomas de la Caunelaye. Mathurine de Saint-Gilles apportait en dot « les maisons, maitairies, seigneuries, coulombiers, jurisdictions, bois de haute futaye et aultres dépendances des maisons nobles de la Bonière et Baranson, situées près la ville de Combourg, évesché de Sainct-Malo, et une somme de sept mille livres tournois ». Ses parents promettaient en outre « accouster et bailler à ladite damoiselle, leur fille, abits, bagues et joyaulx, comme il appartient à fille de la maison d’où elle est issue et de telle maison que celle où elle rentre ».
René de Saint-Pern, sur la fin de ses jours, voulant se retirer du monde pour se livrer tout entier aux pratiques de la dévotion, transporta par décret du 15 février 1653, tous ses biens, titres et privilèges à son fils Gabriel. Par son testament, il demanda que son tombeau fût placé sous le seuil de la porte d’entrée de l’église de Saint-Pern, voulant, disait-il « que celui qui, pendant sa vie d’un moment, avait pu fouler quelques-uns des habitants, ses vassaux, fut longtemps foulé par eux qu’il ne fut pas possible d’entrer dans l’église sans poser le pied sur sa tombe ; invitant ainsi ceux de ses descendants qui pourraient se laisser aller à l’orgueil ou à l’injustice, à penser à la brièveté de la vie, à l’égalité de la mort, à rabaissement du tombeau… ». Il mourut en 1656 laissant de son mariage deux fils et une fille. Nous ajouterons que son tombeau existe encore à la porte de l’église de Saint-Pern et que la famille a soin de faire regraver, de temps en temps, la plaque de cuivre qui le recouvre et qui est usée sous les pas (Article communiqué par M. le baron René de Saint-Pern).</GC>

Notes

  1. Pour percées.
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Réformation de la noblesse (1668-1671)

Evènements (3 notices)

  • Arrêt de maintenue en la Chambre : jeudi 13 décembre 1668 (2 notices).
    • Archives départementales du Morbihan, 1 J 1003, "Livre du Botcol", p. 86-87.
    • Archives départementales du Finistère, 32 J 2, "Livre de Kerézellec", p. 47.
  • Arrêt de maintenue en la Chambre : samedi 9 mars 1669 (2 notices).
    • Archives départementales du Morbihan, 1 J 1003, "Livre du Botcol", p. 165.
    • Archives départementales du Finistère, 32 J 2, "Livre de Kerézellec", p. 47.