Répertoire breton : le projet

La genèse

Depuis 2005, date à laquelle j'ai repris le site Tudchentil après le décès de Norbert Bernard, j'ai transcrit et coordonné la transcription de plus de 320 arrêts de maintenue de noblesse issus de la Réformation de 1668-71. Or, il ne s'agit que de grosses ou de copies dispersées dans des archives privées et ayant survécu à 350 ans de conservation plus ou moins aléatoires. Certains ont rejoint depuis des fonds publics, mais c'est tout ce qu'il nous reste de la réformation : les archives de la Chambre ont été brulées à la Révolution, la majorité des arrêts a donc définitivement disparu.

Heureusement, dès les années qui suivirent la fermeture de la Chambre en 1671, des érudits ayant eu accès à aux archives du Parlement ont rédigé des recueils résumant les arrêts selon leurs intérêts propres, en ne conservant que les informations les intéressant. On a donc des recueils qui se concentrent sur les blasons, d'autres sur les dates et qualités nobiliaires, d'autre encore précisent les individus et les terres, etc. Au final, aucun n'est complet ni exhaustif, mais confrontés entre eux, ils pourraient permettre de donner une vue d'ensemble assez complète de ce que fut la réformation de 1668-71.

L'idée du Répertoire breton est née de ce constat. Mais le volume des données concernées est tellement important qu'il ne peut se faire que sur plusieurs années, voire décennies (plus de 50 manuscripts répertoriés à ce jour, représentant plus de 55000 pages, et un nombre d'entrées estimé à plus de 190000).

La préparation

Le projet a timidement débuté en 2009 : j'ai indexé et fait le dépouillement sommaire d'un premier recueil, et j'en ai intégralement transcrit un second. Un premier constat s'impose alors : une transcription intégrale n'a aucun intérêt, chacun des recueils étant trop lacunaire et erronné.

J'ai donc opté pour une autre approche, sachant qu'elle ne serait qu'une phase préparatoire qui me permettrait de réfléchir et d'affiner mon projet : j'ai mis le premier dépouillement sommaire sous forme de tableaux d'évènements, caractérisés par leur types (maintenue, déboutement, désistement), leur date, les prénoms et noms des personnes concernées, ainsi que leurs principales sieurie. Les années suivantes, j'ai fait le même travail pour 6 autres manuscripts et pour tous les arrêts publiés sur Tudchentil.

J'ai ainsi confronté 8 sources à la structure et au contenu différents entre elles. Cela m'a donné 21000 notices couvrant 6900 évènements, et m'a permis de constater qu'aucun recueil ne couvre toute la réformation (au mieux 75%), et que les sources les plus complètes et fiables, les arrêts intégralement conservés, ne représentent pas même 5% du total des évènements.

La modélisation des données

En 2015, j'ai entrepris de refaire ce travail mais en dépouillant cette fois intégralement chaque ouvrage, c'est à dire en conservant toutes les informations données par mes sources, et non pas usiquement quelques données d'indexation. Ms 510-515 de la Bibliothèque de Rennes Métropole (6 volumes, 3300 pages) a été ma première cible : 18 mois plus tard, le travail terminé représentait 1800 pages au format A4. Puis deux autres ouvrages ont été dépouillés de la même façon, et enfin, pour le reste des sources à ma disposition, je me suis contenté de 50 à 100 notices.

Cela qui m'a permis de mettre en place un modèle de notice générique pouvant s'adapter à toutes mes sources, ainsi qu'à celles que je trouverais par la suite. Ce modèle me permettra aussi d'accueillir d'autres types de sources liées à la même population, comme l'armorial d'Hozier de 1696, des réformation des francs-fiefs, etc, afin de constituer un outil facilitant l'étude de la noblesse et des notables bretons à l'époque moderne. Ainsi, mon projet ne sera ni un armorial, ni un nobiliaire, et ne sera pas cantonné à la réformation de 1668-71. Il ressemblera plutôt à un grand répertoire prenant la forme d'un site Internet ouvert et évoluant au gré de mes travaux et d'éventuelles contributions externes. Chaque notice sera une synthèse de celles des sources dépouillées, mais chaque notice originale restera accessible, garantissant la traçabilité de l'information.

D'autres types d'informations sont déjà en préparation et devraient pouvoir intégrer les pages du Répertoire breton. Les éventuelles contributions externes seront étudiées et accueillies avec bienveillance. Toute proposition d'aide (transcription, dépouillement, saisie, développement du site, idées de mise en page, etc.) est bienvenue.

Le développement et l'avancement

Le Répertoire breton est écrit en PHP sous Symfony, deux armoriaux sont disponibles depuis 2017, la partie « Réformation » et l'intégration du premier recueil ont été réalisés en 2019. La liste des familles et les évènements de la réformation associés ont été mis à la disposition de tous en 2021. Le reste suivra progressivement, et lorsqu'il sera assez complet pour présenter des notices synthétiques, il sera rendu public. En attendant, les chercheurs ou passionnés désirant s'impliquer dans le projet peuvent obtenir un accès particulier aux travail en cours : si vous en êtes, contactez-moi !

Nota bene : touts les travaux présentés ci-dessus ont été faits sur mon temps libre, en plus de mon activité professionnelle et de la gestion de Tudchentil. Merci de votre patience.