Famille de Rohan

Extraits

Mémoires du duc de Saint-Simon

[page 572]

[...]

Madame de Soubise, si heureuse et si accréditée en tout, ne l'estoit pas sur le nom de Rohan. Elle auroit pu se souvenir de la leçon qu'elle avoit receue la-dessus en Bretagne, et s'épargner celle qui luy fut donnée à Versailles. Il y avoit en Bretagne une branche de la maison de Rohan sortie d'Éon, cinquième fils d'Alain VI, vicomte de Rohan et de Thomasse de la Roche-Bernard sa femme, connue sous le nom de Gué de l'Isle, dont Éon de Rohan avoit espousé l'heritiere, puis du Poulduc depuis que Jean de Rohan, 5e generation d'Éon, eut dissipé tous ses biens, dont les generations qui suivirent ne purent se relever. Madame de Soubise, mariée en 1663, ne tarda pas à plaire, et, comme on l'a vu, à faire par sa beauté son mari prince, dont la première femme n'avoit jamais été assise ni prétendu l'être. En faveur et en puissance de plus en plus, cette branche du Poulduc luy deplut fort. Sa chute de biens et le mediocre etat où elle se trouvoit reduitte en Bretagne par des alliances proportionnées à sa decadence ne permettoient pas à la nouvelle princesse de songer à la poulier[1] au rang que ses beaux yeux avoient conquis. D'un autre costé, il étoit bien facheux pour des princes de si nouvelle impression de voir traisner en Bretagne leur nom et leurs armes à des gens qui n'avoient aucune distinction, et qui demeuroient un monument vivant de leur commune origine rien moins que souveraine, ni que superieure aux premieres maisons de leur pays, quelque ancienne et illustre qu'elle fût.

Isaac de Rohan, seigneur du Poulduc dans la paroisse de Saint-Jean de Beverlay, diocese de Vannes, quatrieme descendant de celuy qui s'estoit ruiné, et 9e descendant d'Eon, puisné d'Alain VI, vicomte de Rohan, estoit, depuis ce pere commun de toute la maison de Rohan, c'est-à-dire depuis plus de 350 ans, en possession paisible du nom et des armes de Rohan, reconnu jusqu'alors par tous ceux de cette maison pour en estre, ainsi qu'eux-mesmes, sans nulle difficulté [page 573] en aucun temps, avec touste la Bretagne pour tesmoin de leur naissance. Cela estoit extremement incommode.

Isaac de Rohan, seigneur du Poulduc, fils d'une Kerbalot, mary d'une Kerpoësson, se trouvoit sans appuy comme sans biens et sans alliances. On crut avec de l'argent et du crédit pouvoir lui enlever son estat et le faire passer pour un bastard, ou pour un usurpateur. Dans cette confience, il fut attaqué sur son nom et ses armes. On espera qu'il n'oseroit se defendre, ou qu'avec des moyens on l'induiroit a ceder. On se trompa sur tous ces deux points, et on ne s'abusa pas moins sur un 3e, qui fut de s'estre flatté de n'avoir affaire qu'à un homme sans secours. Le nom et le credit de M. et de Mme de Soubise eurent beau paroistre a découvert, ce fut un soulevement general dans toute la Bretagne. La vérité y excita tout le monde, l'oppression attira l'indignation, tous les alliés de cette branche se démenerent et attirerent à eux tout le reste de la noblesse. Du Poulduc produisit ses tiltres devant le parlement de Bretagne, et y obtint le 21 janvier 1669 un arrest contradictoire qui le maintint dans la possession de son estat du nom, maison et armes de Rohan, depuis lequel cette branche n'y a plus esté troublée, et y subsiste encore jouissant et usant de cette possession.

Persécutions au P. Lobineau, benedictin, et mutilation de son Histoire de Bretagne

Ces aventures ne découragerent point des gens qui, non contents du rang qu'ils avoient obtenu, vouloient absolument être princes. Ils avoient tenté une descendance chimérique d'un Conan Meriadec qui n'exista jamais, pretendu roi de Bretagne dans les temps fabuleux. Le nom et les macles de Rohan ne ressembloient en rien au nom ny aux armes de Bretagne ; aucun tiltre qui les en peut approcher, nul moyen de sortir de la derniere race des ducs, issus par masles de la branche de Dreux de la maison de France. Celle de Rohan, si connue, si ancienne, si illustre en Bretagne, n'en etoit jamais sortie avant Louis XI, et on a vu dans ce que j'en ai rapporté qu'elle n'y a jamais eu de distinction ny d'avantages sur les autres grandes maisons du pays, ni par leurs aisnés, ni par leurs cadets, que ceux du rang de la vicomté de Rohan aux Etats, plus que balancé par celuy de Laval, ou plutost de Vitré, c'est-a-dire rang de terre, non de naissance, quoique gendres et beaux-freres des ducs de Bretagne, et grandement establis en grands biens, en premiers emplois et en hautes alliances.

Un benedictin, nommé Lobineau, fit en ces temps-cy une Histoire de Bretagne. M. de Strasbourg y voulut faire inserer ce qui lui convenoit. Le moine resista et souffrit une persecution violente et mesme publique, sans qu'il fust possible de le vaincre ; mais enfin, las de tourments et menacé de pis encore, il vint à capitulation. Ce fut de retrancher tout ce qui pouvoit deplaire et nuire aux pretentions. Ces retranchements furent infinis, il les disputa pourtant pied a pied avec courage, mais à la fin, il fallut céder et insérer faussement du Meriadec, malgré tout ce qu'il put dire et faire pour s'en défendre[2]. Il s'en plaignit à qui le voulut entendre, il fut bien aise, pour sa reputation, que la violence ouverte de ces mutilations et de ces faussetés ajustées par force ne fust pas ignorée. Il en encourut pour toujours la disgrâce des Rohan, qui surent lui en faire sentir la pesanteur jusque dans le fond de son cloistre, et qui ne s'en sont jamais lassés. L'abbé de Caumartin, mort evesque de Blois, a quy le moine disoit tout, me l'a conté dans le temps, outre que la chose devint publique. Avec ces mutilations, l'ouvrage parut fort défiguré, sans quoy il n'eust jamais vu le jour. Ceux qui s'y connoissent trouverent que c'estoit un grand dommage, parce qu'ils l'estimerent excellent et fort exact d'ailleurs.

Notes

  1. Vieux mot qui signifie "Hisser avec une poulie".
  2. Le passage en italique a été ajouté en interligne par Saint-Simon.

Chevaliers de Saint-Michel

Jean, vicomte de Rohan, sire de Léon, comte de Penhoët, seigneur de la Gamache[1], second baron de Bretagne, capitaine de 100 lances des ordonnances du roy et son lieutenant général en Basse-Bretagne, fut nommé chevalier de l’ordre de Saint-Michel par le roy Louis XI en 1472 d’après une lettre que ce monarque écrivit le 31 juillet de cette année au grand maître Antoine de Chabannes, pour luy demander son avis et ceux des autres chevaliers dudit ordre pour l’admission dans cet ordre de monsieur de Rohan qui avoit dit ce Prince, « libéralement délaissé tout son bien en Bretaigne pour venir en son service auquel il étoit continuellement ». Sa Majesté considérant d’ailleurs qu’il étoit « de bien bonne et grande maison, de laquelle il pouvait au temps à venir estre grandement servi ». Le vicomte de Rohan servoit à Concarneau dès l’an 1460 pour s’opposer à une descente que les anglois se disposaient à faire en Bretagne et en 1470, s’étant attaché à la cour de France, Louis XI luy donna une pension de 8000 livres et le combla de bienfaits. Il fut un des seigneurs bretons qui ratifièrent le traité de Senlis en 1475 ; assista en 1476 aux États de Rennes, et ayant eu quelques démêlés avec le seigneur de Keradreux qu’il tua, il fut arrêté prisonnier par ordre du duc de Bretagne au mois de novembre 1479 et n’obtint sa liberté qu’au mois de février 1484, qu’il repassa en France et de là, en Lorraine, où il demeura jusqu’au mois de septembre suivant, pour laisser calmer la colère du duc. Il se réunit ensuite au party des rebelles ; se ligua en 1487 avec plusieurs barons pour chasser le chancelier de Bretagne et ceux qui avoient trop d’empire sur l’esprit du duc ; attira dans son party les villes de Lannion et de Tréguier, et fit lever le siège de Montcontour aux troupes du duc, cependant il fit sa paix avec ce prince le 26 mars 1488. A la vérité elle ne fut pas de longue durée ; car il se trouva le 2 juillet suivant à la bataille de Saint-Aubin du Cormier à la tête de sa compagnie de cent lances ; s’empara de la ville de Dinan ; envoya sommer le 20 septembre de la même année les habitants de Guingamp qu’il assiégea et prit le 9 janvier suivant, et se rendit maître aussy de Pontrieu et de Châteaulin-sur-Trieu qu’il fit saccager. L’année suivante il fit encore subir le même sort à la ville de Concarneau. Le roy Charles VIII voulant récompenser les grands services que le vicomte de Rohan avoit rendus à l’État, le nomma son lieutenant général en Basse-Bretagne, le 1er septembre 1491, et le 27 octobre suivant, l’un des commissaires des États convoqués à Vannes. Il se trouva encor le premier des commissaires nommés parle roy Louis XII le 25 septembre 1501 pour ceux qui devaient se tenir en la même ville, fut présent, en 1507, à l’acte de ratification du traité de mariage de Claude de France avec François d’Orléans, depuis roy ; et mourut en 1516. [Il étoit fils d’Alain, vicomte de Rohan, lieutenant général en Bretagne, et de marie de Loraine. Ses armes de gueules à sept mâcles d’or posées 3, 3 et une.]

« Jean, vicomte de Rohan, épousa par traité du 10 février 1555 [lire 1455] accompli le 8 mars 1461, Marie de Bretagne, fille de François Ier duc de Bretagne, et d’Isabel Stuart, fille puînée de Jacques Stuart Ier du nom, roy d’Ecosse, et de Jeanne de Somerset. Le douaire de Marie de Bretagne fut assis sur le vicomte de Léon ; elle eut en dot conformément au testament de son père 100.000 écus d’or neufs valant vingt-deux sous onze deniers la pièce, dont 12.500 livres devaient être payées le jour de la bénédiction nuptiale, et le reste, au terme dont on conviendroit ; et moyennant cette somme, elle devoit renoncer à toute succession de père et de mère » (Père Anselme).

Pierre de Rohan, comte de Quintin, seigneur de Pontchâteau, était chevalier de Saint-Michel en 1493, d’après M. de Courcy (Nobiliaire, tome III). « Il surprit en 1487 pendant le siège de Nantes, la ville de Montcontour, et manqua celle de Guingamp. Il rentra même année par surprise dans son château de Quintin d’où il fit vivement la guerre à ceux de Guingamp avec le secours des François ; combattit en 1488 à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier à la tête de vingt lances, et donna quittance en cette qualité le 16 décembre 1489 de 60 livres tournois à Jean Le Gendre, trésorier des guerres. Elle est scellée de son sceau sur lequel on ne peut distinguer qu’un lambel ». Il était frère de Jean, vicomte de Rohan, qui précède, mais d’une autre mère, Perronnelle de Maillé, troisième femme d’Alain de Rohan. « II avait épousé 1o en 1484 Jeanne du Perrier, comtesse de Quintin, veuve de Jean de Laval, baron de la Roche-Bernard ; 2o Jeanne de Daillon ; 3o Jeanne de la Chapelle ; et mourut sans enfans » (Père Anselme).

Pierre de Rohan, seigneur de Gyé, du Verger, de Penhoët, de Baugé, de Ham[2], etc., comte de Porcien et de Marie, vicomte de Vire, maréchal de France, chambellan ordinaire du roy, chef de son conseil, capitaine de cent lances de ses ordonnances, son lieutenant-général au gouvernement de Bretagne, gouverneur d’Anjou, du Maine, de Guyenne et de Champagne, capitaine des villes et châteaux de Blois, de Grandville en Normandie, d’Angers et d’Amboise, fut nommé chevalier de l’ordre de Saint-Michel par le roy Louis XI dans l’une des premières promotions de cet ordre, d’après la lettre que ce prince écrivit au grand-maître Antoine de Chabannes, le 16 septembre (sans date d’année) pour lui demander son avis sur la nomination à cet ordre, « plusieurs des frères et chevaliers dudit ordre, (dit ce monarque,] pour le grant nombre qui y deffault, l’ayant fort pressé de y en mettre certain nombre, et entr’autres luy avoient nommé Monsieur de Gyé qui étoit de bonne et grant maison... et de présent étoit comte de Porcien et de Marle, lesdits chevaliers étant d’oppinion qu’il étoit homme qui valoit bien d’y être ». Louis XI luy donna en conséquence la qualité de chevalier de son ordre dans ses provisions de maréchal de France du 11 octobre 1476 ; et on luy trouve encor celle de chevalier de l’ordre du roy dans un acte du 22 février 1476 (1477). M. de Gyé fut en grande faveur à la cour de ce monarque qui luy donna le gouvernement de Blois, une pension de 1200 livres, le 14 juin 1472, l’éleva à la dignité de marechal de France, le 11 octobre 1476, luy fit don encor, le 11 décembre de la même année, de la seigneurie de Fontenay-le-Comte, et au mois de janvier suivant, du comté de Chastel en Porcien et des terres et seigneuries de Bar-sur-Aube, de Rosoy, de Montcornet, d’Avênes, de Changy, de Renty, de Croÿ, etc. Le roy ajouta encore à tous ces bienfaits la vicomté de Vire. M. de Gyé gouverna l’État avec trois autres seigneurs, pendant la maladie de ce prince à Chinon en 1480, et à sa mort il continua de servir avec le même zèle le roy Charles VIII, qui luy donna une compagnie de cent lances le 20 novembre 1483. Il assista l’année suivante au sacre de ce monarque, fut nommé capitaine de Grandville en Normandie le 19 février 1486, s’opposa dans le même temps aux entreprises de l’archiduc d’Autriche sur la Picardie et par sa conduite il préserva cette province des insultes des ennemis. Il remporta encor un grand avantage sur le duc de Gueldres et le comte de Nassau en 1487. Le roy l’établit le 3 juin de l’année suivante son lieutenant général en Champagne, luy confia ainsy qu’au comte d’Angoulême, la garde des frontières de Picardie en 1489, le nomma le 26 juin de la même année son lieutenant général en Guyenne ; luy fit don du gouvernement d’Anjou le 20 octobre suivant et l’institua son lieutenant général en cette province et en celle du Maine le 6 octobre 1490. Il fut ensuite député vers le Pape en 1494 pour le rassurer sur les frayeurs qu’il avoit que le roy n’eût de mauvais desseins contre lui, et luy fit entendre que son intention n’étoit nullement de se mêler de ce qui pouvoit concerner le gouvernement de l’Église. Il commanda l’avant-garde à la bataille de Fornoue en 1495 et s’y comporta en grand capitaine et avec une prudence qui luy mérita les plus grands éloges ; conclut depuis une trêve avec les Vénitiens après que Louis XII fut parvenu à la Couronne ; accompagna ce prince à son voyage d’Italie ; se trouva à son entrée solennelle dans Gennes le 26 août 1502 et fut nommé successivement son lieutenant général en Bretagne, chef de son Conseil et général de ses armées en Italie. Ce monarque l’avait confirmé dans la dignité de chambellan le 28 août 1498 et luy avoit fait don le 6 septembre 1500 de l’hôtel des Tournelles pour en jouir sa vie durant ; mais, ayant déplu à la reine Anne de Bretagne, il fut disgracié en 1505. Cette disgrace portait sur ce que le Roy étant tombé dangereusement malade et désespéré des medecins, la Reine prit alors des mesures pour se retirer dans son duché, et ayant fait mettre sur la Loire tout ce qu’elle avoit de plus précieux en joyaux et en meubles pour les faire transporter au château de Nantes, le maréchal de Gyé les arrêta près de Saumur. Cette conduite qu’il tint et qui paraissoit venir de son animosité particulière pour la Reine dont il n’étoit pas aimé luy couta cher ; car, dès que le Roy eut été rétably, on luy fit son procez et l’on chercha dans toutes les circonstances de sa vie quelque sujet qui put servir de prétexte à le rendre coupable. On luy ôta le titre et les appointements de gouverneur du comté d’Angoulême, ainsi que les gouvernements d’Angers et d’Amboise et sa compagnie de 100 lances. On le priva pour cinq ans de sa dignité de maréchal de France ; et il eut ordre pendant tout ce temps-là de se tenir éloigné de la Cour de 10 lieues. Il mourut à Paris le 22 avril 1513. [On lit de plus dans un compte de l’ordre de Pierre Briçonet qu’il fut payé à Jean Taslon, foureur, une somme de 1774 livres 16 sols 2 deniers pour 6146 hermines qu’il avoit employées à fourer 7 manteaux de damas blancs neufs pour servir l’un à Monseigneur de Bourbon et les six autres à messeigneurs les comtes de Dunois, de Vendôme, le comte Dauphien et de Dampmartin, messeigneurs l’amiral et le maréchal de Gié, tous chevaliers dudit ordre. Il étoit fils de Louis de Rohan, seigneur de Guémené, de Gyé, et de Marie de Montauban. Ses armes écartelé au 1 et 4 contr’écartelé au 1 et 4 de gueules à un rais d’escarboucle de chaines d’or, au 2 et 3 d’azur semé de fleurs de lys d’or, et une bande componée d’argent et de gueules ; aux 2 et 3 de gueules à neuf mâcles d’or posées 3, 3 et 3, et un lambel d’argent, et sur le tout d’argent à une givre d’azur ondée en pal, et avalant un enfant de gueules.]

Pierre de Rohan épousa 1o Françoise de Porhoët ou Penhoët, héritière du comté de Penhoët, fille de Guillaume, vicomte de Fronsac, et de Françoise de Maillé ; 2o par contrat du 15 juin 1503 Marguerite d’Armagnac, duchesse de Nemours, comtesse de Guise, fille aînée de Jacques d’Armagnac, duc de Nemours, et de Louise d’Anjou (Père Anselme).

Charles de Rohan, seigneur de Gyé et de Baugé, comte de Guise, vicomte de Fronsac, baron de Château-du-Loir, grand echançon de France, conseiller chambellan ordinaire du roy, bailli et gouverneur de Touraine et capitaine du château de Tours par provisions du 18 novembre 1498, fut nommé chevalier de l’ordre de Saint-Michel par le roy Louis XII et en étoit deja décoré le 15 octobre 1504 [(Histoire de Bretagne par Dom Morice, Paris, 1746, tome III, Preuves, page 874)] ; De plus ce monarque le qualifie son amé et féal cousin conseiller chambellan et chevalier de son ordre dans des lettres du 26 may 1513 [(manuscrit de M. Du Fouray)]. Il assista revêtu du grand collier de cet ordre au lit de justice que le roy François 1er tint au Parlement au mois de juillet 1527 contre le cardinal de Bourbon ; et mourut en 15… [Il étoit fils de Pierre de Rohan, seigneur de Gyé, chevalier de l’ordre du roy, maréchal de France, et de Françoise de Penhoët. Ses armes écartelé au 1 et 4 contr’écartelé au 1 et 4 de gueules à un rais d’escarboucle de chaines d’or, au 2 et 3 d’azur semé de fleurs de lys d’or, et une bande componée d’argent et de gueules ; aux 2 et 3 de gueules à neuf mâcles d’or posées 3, 3 et 3, et sur le tout d’argent à une givre d’azur ondée en pal, et avalant un enfant de gueules.]

Charles de Rohan épousa 1o Charlotte d’Armagnac, comtesse de Guise, fille puînée de Jacques d’Armagnac duc de Nemours, et de Louise d’Anjou ; 2o Jeanne de Saint-Séverin, fille de Bernard, seigneur de Saint-Séverin, prince de Besignan, et de Jeanne-Eléonore Picolomini, dite d’Arragon (Père Anselme).

Louis de Rohan, sire de Guémené, de la Rochemoisan, de Montauban, de Landal, de Romillé, de Marigny, de Condé-sur-Noireau, de Vassy, de Tracy[3], etc., baron de Lanvaux, fut nommé chevalier de l’ordre de Saint-Michel par le roy Louis XII et en étoit déjà décoré le 15 octobre 1504 [(Histoire de Bretagne par Dom Morice, Paris, 1746, tome III, Preuves, page 874)]. Il fut surnommé le Grand et se signala par sa valeur dans les guerres de son temps. Il fut l’un des principaux seigneurs bretons qui se liguèrent en 1484 contre Landais, favori du duc de Bretagne, ce qui le mit d’abord en discrédit à la cour de ce prince, mais peu de temps après, étant rentré dans les bonnes graces du duc, il fut créé baron de Lanvaux, le 13 août 1485. Il passa ensuite au service du roy Louis XII ; et mourut le 25 may 1508. [Il étoit fils de Louis de Rohan, sire de Guemené, et de Marie de Montauban. Ses armes de gueules à neuf mâcles d’or posées en fasce, 3, 3 et 3.]

Louis de Rohan épousa par contrat du 24 novembre 1455 Louise de Rieux, fille de François, seigneur de Rieux et de Rochefort, comte de Harcourt, vicomte de Donges, baron d’Ancenis, et de Jeanne de Rohan. Le Père Anselme rapporte qu’il fit le pèlerinage de Terre-Sainte par dévotion en 1488.

René, vicomte de Rohan, prince de Léon, comte de Penhoët, seigneur de Beauvoir et de la Garnache, capitaine de 50 lances des ordonnances du roy par provisions du roy Henry II du 13 juin 1547 où il luy donne le titre de cousin, fut nommé chevalier de l’ordre de Saint-Michel par ce monarque en la même année d’après un compte du trésorier de cet ordre où on lit qu’en vertu d’une ordonnance du chancelier du même ordre du 20 juillet de laditte année il avoit été délivré au seigneur de Rohan un grand collier dont le Roy luy avoit fait don en le faisant et le créant chevalier de son ordre [(originaux chambre des comptes de Paris)]. De plus, on le trouve qualifié chevalier de l’ordre du roy dans plusieurs quittances qu’il donna au trésorier de l’Épargne les 30 may 1547, 7 janvier 1548 (1549), 12 février 1550 (1551), etc. Le vicomte de Rohan jouissait dès le règne de François Ier d’une pension de 2000 livres qui depuis fut augmentée jusqu’à 4000 livres. Il fut tué près de Metz le 4 novembre 1552 dans un combat contre le marquis de Brandebourg. M. de Thou parle ainsi de sa mort : « René de Rohan, grand seigneur en Bretagne, et Jean d’O, lieutenant de la compagnie des vidames de Chartres, furent pris : mais le premier fut tué par les soldats qui disputaient à qui l’auroit ; l’autre qui savoit un peu de latin, se tira adroitement de leurs mains, en leur prometant à tous récompense ». [Il étoit fils de Pierre de Rohan, seigneur de Gyé, et d’Anne de Rohan. Ses armes de gueules à neuf mâcles d’or posées 3, 3 et 3.]

René de Rohan épousa par contrat du 16 août 1534 Isabel d’Albret, fille de Jean d’Albret, roi de Navarre, et grand’tante du roi Henry IV (Père Anselme).

François de Rohan, seigneur de Gyé, du Verger, de Mortier-Croulle, de Gillebourg et de Marigné, baron du Château-du-Loir, gentilhomme ordinaire de la chambre du roy, lieutenant général pour Sa Majesté au gouvernement de Bretagne en l’absence du duc d’Estampes et ambassadeur à Rome, fut nommé chevalier de l’ordre de Saint-Michel en 1549 d’après un compte-rendu du trésorier de cet ordre où on lit que Messire François de Rohan, seigneur de Gyé, chevalier de l’ordre, luy donna son récépissé le 30 septembre de cette année, d’un grand collier de l’ordre dont le Roy luy avoit fait don, en le faisant et créant chevalier de sondit ordre [(original chambre des comptes de Paris)]. De plus, on le trouve qualifié chevalier de l’ordre du roy dans plusieurs quittances qu’il donna au trésorier de l’Épargne les 22 juillet et 9 octobre 1553, 5 février 1553 (1554), 28 février 1555 (1556) et 1er avril 1557 (1558). Il fut envoyé ambassadeur à Rome en 1539 et le roy François 1er luy accorda le 3 novembre de cette année une gratification de 1350 livres pour les frais de son voyage à cette cour où il étoit envoyé (dit Sa Majesté), pour le bien de la paix et de toute la chrétienté. Il est compris aux gages de 1200 livres dans les états des gentilshommes de la chambre du roy depuis 1536 jusqu’en 1560. Il obtint au mois de juillet 1547 une nouvelle gratification de 9000 livres en considération de ses services et d’un voyage qu’il allait faire encore en Italie vers le Pape comme ambassadeur de France, une autre de 2000 livres au mois de janvier 1548 (1549), et une encor de 6750 livres au mois de juin suivant également motivée sur ses services, soit à l’entour de la personne du roy, soit comme son ambassadeur à Rome. Il accompagna en Angleterre en qualité de chevalier de l’ordre le maréchal de Saint-André qui avoit été chargé par le roy au mois de juillet 1551 de revêtir du collier de cet ordre Edouard VI, roy d’Angleterre, et le roy Henry II le chargea encor d’une commission de confiance en Angleterre où il l’envoya avec Jean de Morvilliers, évêque d’Orléans. Ses services luy avoient mérité de ce monarque une pension de 2000 livres ; il mourut à ce qu’il paroit en 1560. [Il étoit fils de Charles de Rohan, seigneur de Gyé, chevalier de l’ordre du roy, et de Jeanne de Saint-Severin. Ses armes écartelé au 1 et 4 de gueules à neuf mâcles d’or posées 3, 3 et 3, au 2 et 3 contr’écartelé au 1 et 4 d’azur à trois fleurs de lys d’or posées 2 et 1, au 2 et 3 de gueules à un rais de chaines d’or en forme d’escarboucle, et sur le tout d’argent à une givre d’azur couronnée d’or et issante de gueules.]

François de Rohan épousa : 1o le 15 mars 1536 Catherine de Silly, dame de la Rocheguyon, comtesse de Rochefort, fille de Charles de Silly, seigneur de la Rocheguyon et de Rochefort, et de Phllippes de Sarrebruche, dame de Louvois (contrat du 23 mars 1535 aux Blancs-Manteaux, Français 22342, folio 141) ; 2o par contrat du 24 avril 1549 (Blancs-Manteaux, idem, folio 244) Renée de Rohan, fille de Louis, seigneur de Guémené, et de Marguerite de Laval, qui devenue veuve se remaria à René de Laval, seigneur de Loué (Père Anselme).

Henry, vicomte de Rohan (petit-fils du roy de Navarre par Isabelle d’Albret, sa mère), prince de Léon, comte de Porhoët, baron de Fontenay, de la Gamache et de Beauvoir-sur-Mer, seigneur de Blain, de Carantin et de Baud, fut nommé chevalier de l’ordre de Saint-Michel le 12 janvier 1562 (1563) ; du moins ce qui détermine que cette promotion ne put concerner que lui, c’est qu’il est nommé M. de Rohan l’aisné dans une des listes de cette promotion, citées au corps de Preuves, volume Ier. Le roy Charles IX l’avoit vraisemblablement désigné depuis quelque temps pour être admis dans cet ordre ; car on luy trouve déjà la qualité de chevalier de l’ordre dans un acte original du 30 janvier 1561 (1562) [qui lui donne encor le titre de haut et puissant (original, titres de messieurs de Langle en Bretagne)]. Ce qui est constant c’est que l’aîné des enfans de René vicomte de Rohan reçu chevalier de l’ordre en 1547 étoit alors Henry, vicomte de Rohan. Il se trouva au siège de Montagu en Poitou et mourut le 12 juin 1575. [Il étoit fils de René, vicomte de Rohan, chevalier de l’ordre du roy, et d’Isabelle d’Albret, fille du roy de Navarre. Mêmes armes que son père.]

Henry, vicomte de Rohan, épousa le 15 février 1566 Françoise de Tournemine, fille de René, seigneur de la Hunaudaye, et de Françoise Hingant, dame de Hac, de Cicé et de Bintin (Père Anselme).

Louis de Rohan, duc de Montbazon, pair de France, baron de Sainte-Maure, de Nouastre et de la Haye, capitaine de 50 hommes d’armes des ordonnances du roy, fut décoré de l’ordre de Saint-Michel dans les premières années du règne de Charles IX ; et on le trouve déjà qualifié chevalier de l’ordre du roy dans une quittance du 14 février 1563 [(IVe volume des Grands officiers de la couronne, article de cette maison page 61)]. Il obtint du roy Henri III au mois de may 1588 des lettres d’érection du comté de Montbazon en duché pairie ; et ne vivoit déjà plus au mois de novembre 1589. [Il étoit fils de Louis de Rohan, prince de Guémené, comte de Montbazon, chevalier de l’ordre du roy, et de Léonor de Rohan. Ses armes de gueules à neuf macles d’or posées 3, 3 et 3.]

Louis de Rohan épousa Madeleine de Lenoncourt, fille d’Henry de Lenoncourt, seigneur de Coupevray, baron de Vignory, et de Marguerite de Broyes. « Elle n’était âgée que de six ans lors du contrat de mariage qui ne fut pas consommé. tant restée veuve, le 1er novembre 1589, elle épousa Hercules de Rohan, frère de son mary» (Père Anselme).

Louis de Rohan, prince de Guémené, comte de Montbazon, de Rochefort, de Sainte-Maure et de Nouastre, baron de Lanvaux, de Marigny et de la Haye en Touraine, seigneur de la Rochemoisan, des Echelettes, du Verger, de Léon, de Triffavain, de Montauban, de l’Isle de Groy, de Plouhinec, de Ploëkernevel, de Saint-Carradec et de Plouray, capitaine de 50 hommes d’armes des ordonnances du roy, gentilhomme ordinaire de sa chambre et sénéchal d’Anjou, fut admis dans l’ordre de Saint-Michel dans les premières années du règne de Charles IX, et on le trouve déjà qualifié chevalier de l’ordre du roy dans un acte du 3 février 1564 [(Histoire du Berry par la Thaumassiere, Bourges 1689, page 544)]. De plus, le roy luy donne le titre de cousin et de chevalier de son ordre dans les lettres du 26 octobre 1568 et dans d’autres du 18 décembre 1576. Il obtint du roy au mois de février 1547 des lettres d’érection de la baronnie de Montbazon en comté ; et fut admis par le roy François II au nombre des gentilshommes de sa chambre le 18 avril 1560 ; obtint du roy Charles IX une compagnie de 50 hommes d’armes le 15 mars 1570 ; et ce monarque érigea en principauté sa terre de Guémené au mois de septembre de la même année. Il mourut en 1611. [Il étoit fils de Louis de Rohan, chevalier, seigneur de Guémené, de Montbazon, de Sainte-Maure et de la Rochemoisan, gentilhomme ordinaire de la chambre du roy, et de Margueritte de Laval. Ses armes de gueules à neuf mâcles d’or posées trois, trois et trois.]

Louis de Rohan épousa 1o par contrat passé au château de Fresnay en Plessé, le 26 octobre 1551 Françoise de Rohan, fille de René, chevalier de l'ordre du roi, et d’Isabelle d’Albret (Blancs-Manteaux, Français 22310, folio 4), mais nous nous demandons si ce premier mariage fut jamais consommé ; 2o le 29 novembre 1557 (Blancs-Manteaux, idem, folio 116) Léonor de Rohan, dame du Verger et de Gyé, fille aînée de François de Rohan, chevalier de l'ordre du roi, et de Catherine de Silly ; 3o Françoise de Laval, veuve d’Henry de Lenoncourt, seigneur de Coupevray, et fille de René de Laval, seigneur du Boisdauphin, et de Catherine de Baïf. Le fonds des Blancs-Manteaux (idem, folio 187) possède une copie prise sur les titres de Guémené du serment prêté le 4 août 1564 par « Loys de Rohan, comte de Montbaron et seigneur de Guémené, » en recevant le collier de Saint-Michel à Champigny des mains du duc de Montpensier, chevalier du même ordre. Cette date est assez difficile à concilier avec les dates mises en avant par d’Hozier dans les notices des deux Louis de Rohan. Toutefois nous croyons qu’il convient de la rapporter au premier. Il ne faut pas oublier en effet que le comte de Montbazon était aveugle depuis l’âge de cinq ans. Dans ces conditions, la remise du collier de Saint-Michel avait très bien pu être ajournée pour lui qui ne voyageait pas souvent et vivait assez retiré dans sa maison du Verger.

Pierre de Rohan, prince de Guémené, comte de Montbazon, baron du Mortier-Croulle, seigneur du Verger, conseiller d’État d’épée, capitaine de cent hommes d’armes des ordonnances du roy, sénéchal d’Anjou et de la Flèche, gouverneur du Maine, de Laval et du Perche, et nommé depuis chevalier de l’ordre du Saint-Esprit [mais non reçu], avoit été précédemment admis dans l’ordre de Saint-Michel ; et on le trouve en conséquence qualifié chevalier de l’ordre du roy dans un acte du 17 avril 1598. [Il étoit fils de Louis de Rohan, prince de Guéméné, comte de Montbazon, chevalier de l’ordre du roy, et de Léonor du Plessis. Ses armes comme cy-devant.]

Pierre de Rohan épousa 1o Madeleine de Rieux, fille de Guy de Rieux, seigneur de Chasteauneuf, chevalier de l'ordre du roi, et de Madeleine d’Espinay ; 2o Antoinette d’Avaugour de Bretagne, fille de Charles, comte de Vertus et de Goëllo, baron d’Avaugour, chevalier de l'ordre du roi, et de Philippe de Saint-Amadour, vicomtesse de Guiguen. Devenue veuve, Antoinette d’Avaugour se remaria en 1624 à René du Bellay, prince d’Yvetot, et enfin à Pierre d’Escoubleau, marquis de Sourdis. Elle mourut le 8 février 1681 (Père Anselme).

Jean de Rohan, seigneur de Montauban, amiral de France, maréchal de Bretagne, grand maître et réformateur des Eaux et Forêts du royaume, bailli de Côtentin et gouverneur de la Rochelle, est qualifié chevalier de l’ordre de Saint-Michel dans un catalogue des amiraux de France imprimé à Paris en 1580, page 8 verso, et il est cité aussy en la même qualité dans un recueil manuscrit concernant cet ordre fait en 1620 par Pierre d’Hozier, gentilhomme ordinaire de la Maison du roy. (Bibliothèque du roy) ; mais ces deux témoignages se détruisent d’eux-mêmes par la mort de l’amiral de Montauban, arrivée dès l’an 1466, trois ans avant l’institution de l’ordre de Saint-Michel.

Jean de Rohan, fils de Guillaume, seigneur de Montauban, et de Bonne Visconti sa seconde femme, épousa Anne de Kerenrais, dame de Kerenrais et de la Rigaudière, fille unique d’Eon, seigneur de Kerenrais, et veuve d’Olivier, vicomte de Coëtmen. Armes écartelé aux 1 et 4 de Rohan qui est de gueules à neuf macles d’or, 3, 3, 3 ; aux 2 et 3 de Milan (Père Anselme).

Notes

  1. Cette terre a été rayée de la première partie de l’ouvrage (ordre chronologique des promotions).
  2. Ces quatre terres du Verger, Penhoët, Baugé et le Ham ont été rayées de la première partie de l’ouvrage (ordre chronologique des promotions), ainsi qu’un peu après le titre de vicomte de Vire.
  3. Toutes les terres de la Rochemoisan à Tarcy, à l’exception de Montauban, ont été rayées de la première partie de l’ouvrage (ordre chronologique des promotions).
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Réformation de la noblesse (1668-1671)

Evènement (2 notices)

  • Arrêt de maintenue en la Chambre : lundi 21 janvier 1669 (2 notices).
    • Archives départementales du Morbihan, 1 J 1003, "Livre du Botcol", p. 122.
    • Archives départementales du Finistère, 32 J 2, "Livre de Kerézellec", p. 45.