Famille de Guemadeuc

Extrait

Chevaliers de Saint-Michel

François, sire de Guémadeuc, baron de Blossac, vicomte de Rezay, seigneur de Trévécar, etc., grand écuyer héréditaire de Bretagne, est qualifié chevalier de l’ordre du roy dans un acte du 2 mars 1578 [(titres de la maison de Goyon de Beaufort)]. Ce doit être luy qui sous le nom de Blossat est employé dans l’état des gentilshommes de la chambre du roy Henry III portant la clef d’or, de l’an 1586. [Il étoit fils de Jaques, sire de Guémadeuc, vicomte de Rezay, seigneur de Trévecar, de Launay-Madeuc et de Crenolles, etc., et de Madeleine du Châtellier. Ses armes de sable au léopard d’argent accompagné de 6 coquilles de même posées 3 en chef et 3 en pointe.]

François de Guémadeuc épousa 1o par contrat du 17 octobre 1539 Marguerite de Québriac, dame de Blossac, fille de Thomas et de Claude de Guité ; 2o Hélène de la Chapelle, fille de Jean et de Marguerite, dame de Kaersalio. J. Le Laboureur fixe la date de sa mort à l'année 1574, ce qui est en contradiction formelle avec l’article de d’Hozier.

Thomas, sire et baron de Guémadeuc, de Blossac et de Guébriant, vicomte de Rezay, seigneur de Saint-Père, de Brécé, etc., grand écuyer héréditaire de Bretagne et capitaine de 50 hommes d’armes des ordonnances du roy, est qualifié chevalier de l’ordre du roy dans 2 actes des 16 octobre 1580 et 23 may 1588. Il fut député en 1580 de la noblesse de l’évêché de Saint-Brieuc aux États de Bretagne tenus pour la réformation de la Coutume [(Coutumier général, Paris, 1615, page 836)] et ne vivoit déja plus en 1601. [Il étoit fils de François, sire et baron de Guémadeuc, chevalier de l’ordre du roy, et de Marie de Guébriac. Ses armes comme cy-devant.]

Thomas de Guémadeuc épousa Jacquemine de Beaumanoir du Besso, fille de Jacques et de sa deuxième femme Jeanne de Quellenec. Il fut gouverneur de Ploërmel, et prit part aux guerres de la Ligue. Il assistait le marquis de Coëtquen à la bataille de Loudéac, et y fut blessé. Il mourut à Rennes en 1592 des suites de cette blessure. Par son testament, en date du 11 juillet de cette année, il demanda à être « enterré dans l’église et paroisse de Québriac, en l’enfeu de ses ancêtres, et qu’il fût bâti au château de Québriac une chapelle de Saint-Thomas en place de celle qui avait été ruinée pour faire les fossés et fortifications, et une deuxième chapelle pour servir d’aisle à relise de Quebriac » (Blancs-Manteaux).

Toussaint, sire et baron de Guémadeuc et de Blossac, est qualifié chevalier de l’ordre du roy dans un acte du 20 juin 1604 [(titres de messieurs Loaisel en Bretagne)], il mourut peu de tems avant le 3 mars 1612. [Il étoit fils de Thomas, sire et baron de Guémadeuc, chevalier de l’ordre du roy, et de Jaqueline de Beaumanoir. Ses armes comme cy devant.]

Son acte de tutelle du 11 août 1592 (Blancs-Manteaux) nous apprend qu’à cette date Toussaint de Guémadeuc, encore enfant, était retenu en otage par les habitants de Saint-Malo, rebelles au roi. « Il périt en combat singulier. Hélène de Beaumanoir, sa cousine germaine, s’étant plainte à lui des mauvais traitements que lui faisait essuyer son mari, René Tournemine, baron de la Hunaudaye, une rencontre eut lieu entre les deux cousins au pays de Rieux, et le cul sur la selle. La Hunaudaye tua son adversaire ; mais il reçut lui-même un coup de pistolet dont il mourut (en 1609) après avoir langui pendant un an » (Biographie bretonne). Toussaint de Guémadeuc mourut sans enfants. Les auteurs généalogistes n’indiquent pas l’alliance contractée par lui. Nous avons trouvé au fonds des Blancs-Manteaux une note ainsi conçue : Thomas de Guémadeuc, chevalier des ordres du roi, fils de messire Toussaint de Guémadeuc et de dame Marie du Botloy, 1602. Mais nous pensons qu’il y a erreur, et qu’il s’agit ici de Thomas, qui suit, chevalier de l’ordre et non des ordres du roi, frère cadet et non fils de Toussaint, et qui devint l’aîné par la mort de son frère sans enfants, en 1608. Nous rencontrons encore dans le Dictionnaire des terres du comté nantais de M. de Cornulier et dans l’Inventaire des archives de la Loire-Inférieure (E 515) ce nom de Marie de Botloy, désignée comme veuve de Toussaint de Guémadeuc, vicomte de Rezé.

Georges, sire et baron de Guémadeuc, seigneur châtelain de Trévécar, etc., lieutenant-général des armées du roy sous Henry IV, fut vraisemblablement admis dans l’ordre de Saint-Michel sous le règne de ce monarque, peut-être même sous celuy d’Henry III, et on le trouve encor qualifié chevalier de l’ordre du roy dans un acte du 23 avril 1616 [(titres de messieurs de la Bourdonnaye de Bras). Il étoit fils de François, sire et baron de Guémadeuc, chevalier de l’ordre du roy, et de Marie de Guébriac. Ses armes comme cy devant].

Georges de Guémadeuc combattit également pour le roi pendant les guerres de religion. Il fut fait prisonnier vers 1589, par les troupes du duc de Mercœur ; mais il stipula dans sa capitulation qu’il ne paierait pas de rançon. Emmené à Dinan, il fut obligé pour recouvrer sa liberté, de consentir une obligation de 300 écus à Yves de Quelen, seigneur de Loguevel. La veuve de ce dernier, Julienne du Cosquer, lui fit un procès en 1603 pour réclamer cette somme. Henri IV intervint alors pour arrêter les poursuites par un acte du 30 août de cette année 1603 dans lequel Georges de Guémadeuc est qualifié par lui chevalier de nostre ordre (M. Anatole de Barthélémy, Documents inédits sur la Ligue). En 1592, il reprit par escalade Malestroit aux Ligueurs (Jean Pichart). En 1612 il était lieutenant de la compagnie de 100 hommes d’armes du Maréchal de Brissac et demeurait à Trévéor, paroisse d’Escoublac (Blancs-Manteaux). Il avait épousé le 27 mai 1584 Suzanne de Sévigné, dame de Cadoudal et de Beaurepaire, fille de défunt Charles, et d’Anne de Trévégat.

Thomas, sire et baron de Guémadeuc et vicomte de Rezay, baron de Blossac, grand écuyer héréditaire de Bretagne, gentilhomme ordinaire de la chambre du roy et gouverneur de Fougères, qualifiait chevalier de l’ordre du roy dans un acte du 3 mars 1612, fut député de la noblesse de Bretagne aux États Généraux tenus à Paris en 1614. Ce fut luy qui étant allé aux États de Bretagne qui se tenaient à Rennes, y tua en 1616 le baron de Nevet pour une querelle qu’il eut avec luy à l’occasion d’une préséance, ce qui causa les plus grands troubles dans cette assemblée. Le maréchal de Brissac qui avoit été nommé pour tenir les États [(Mercure François, Paris, 1617, tome IV, page 332)] assembla ses amis et ses forces pour aller assiéger le baron de Guémadeuc dans le château de Fougères où il s’étoit bien vite réfugié, et où il avoit rassemblé le plus de monde qu’il avoit pu. Le roy ayant eu avis de sa résistance, luy envoya un exempt de ses gardes avec ordre de remettre entre ses mains la ville et le château. Le baron en sortit donc sur le conseil que ses amis luy en donnèrent ; et la baronne de Guémadeuc, sa femme, en remit aussitôt la garde à l’exempt. Mais le baron se reprochant son obéissance aux ordres du roy, partit de Paris au mois de juin 1617, alla surprendre le château de Fougères, et s’en rendit maître. Le roy ayant eu avis de cette nouvelle entreprise, envoya le duc de Vendôme, gouverneur de Bretagne, et le maréchal de Vitry, en leur recommandant la plus grande diligence, pour qu’ils arrivassent à Fougères avant que le baron y fut reconnu. En effet, ils exécutèrent les ordres du roy si promptement qu’ils le trouvèrent encore plus occupé de ce qu’il avoit fait que de ce qu’il projetait de faire. Pour le contenir, ils promirent de s’employer pour luy obtenir sa grâce. On le conduisit à Paris où il fut mis à la Conciergerie. On instruisit aussitôt son procès ; et il fut condamné d’avoir la tête tranchée en place de Grève, sa tête portée à Fougères, plantée au bout d’une lance, fichée sur le principal portail du château, son corps porté à Montfaucon, et ses biens confisqués au profit du roy. Cet arrêt fut exécuté le 27 septembre 1617. La baronne de Guémadeuc sa femme s’étant allée jeter aux pieds du roy, dés qu’elle eut connaissance de l’arrêt prononcé contre son mari, ce monarque luy fit cette réponse : C’est la justice qui fait règner les roys, je la dois à mes sujets, et en cet endroit je dois préférer la justice à la miséricorde. Pour ses biens qui me sont confisquez, je vous les redonne. Après que le baron de Guémadeuc eut subi la peine due à sa rébellion, le roy permit que son corps fut enterré aux Cordeliers. [Il étoit fils de Thomas, sire et baron de Guémadeuc, chevalier de l’ordre du roy, et de Jaquemine de Beaumanoir. Ses armes comme cy devant.]

Thomas de Guémadeuc avait épousé Jeanne de Ruellan, sœur aînée de la duchesse de Brissac, et fille de Gilles, chevalier de l’ordre du roi, et de Françoise Miolais. Il n’en eut qu’une fille qui épousa le 26 juin 1626 M. du Pont de Courlay, neveu du cardinal de Richelieu.

Thomas de Guémadeuc, seigneur de Cadoudal, gouverneur de Ploërmel, est qualifié chevalier de l'ordre du roi dans l’acte de baptême de son fils Claude en date du 8 août 1615, et dans celui de Thomas de Rohan, fils de Jérôme de Rohan et de Julienne Le Métayer, dont il fut parrain le 27 septembre suivant (registres des paroisses de Reminiac et de Saint-Jean-Brevelay, Archives du Morbihan, E sup. 598 et 770) Il était fils de Georges de Guémadeuc, chevalier de l'ordre du roi, et il avait épousé Gillette de la Fresnaye, fille de François et de Claude de Belouan.

Claude de Guémadeuc, chef de nom et d’armes de Guémadeuc, seigneur de Trévécart, de Cadoudal, de Beaurepaire, de Saint-Ugat, fils du précédent, baptisé le 8 août 1615, gouverneur de Ploërmel comme son père, pensionnaire des États de Bretagne, est qualifié chevalier de l'ordre du roi, dans l’acte de baptême d’Anne de Rohan, fille d’Isaac et d’Aliénor de Kerpoisson, dont il fut parrain le 15 novembre 1640 en l’église de Saint-Jean Brévelay (Archives du Morbihan, E sup. 771). Il épousa en août 1636 Louise Ermar, dame de Lieuzel, fille de Jean, juveigneur de Lieuzel, et d’Isabelle du Bot. Il vivait encore en 1651 (idem, E 758 et 771).

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Réformation de la noblesse (1668-1671)

Evènements (3 notices)

  • Comparution : mardi 8 juillet 1670 (1 notice).
    • Bibliothèque de Rennes Métropole, Ms 516, p. 119-120 .
  • Arrêt de maintenue en la Chambre : samedi 26 juillet 1670 (3 notices).
    • Archives départementales du Morbihan, 1 J 1003, "Livre du Botcol", p. 484 .
    • Archives départementales du Finistère, 32 J 2, "Livre de Kerézellec", p. 24 .
    • Bibliothèque de Rennes Métropole, Ms 516, p. 119-120 .